Blog Environnement de l’Est du Loiret

15 avril 2008

Incidence des cancers à proximité des usines d’incinération d’ordures ménagères

Classé dans : Déchets — arfie @ 12:03

L’Institut National de Veille Sanitaire publie.

Cette étude écologique de type géographique, réalisée dans le cadre du Plan cancer 2003-2007, a pour objectif d’analyser la relation entre l’incidence des cancers chez l’adulte et l’exposition aux émissions atmosphériques des usines d’incinération d’ordures ménagères.

Elle porte sur les cancers diagnostiqués dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, l’Isère et le Tarn entre 1990 et 1999. Près de 135 000 cas de cancer ont été collectés sur environ 25 millions de personnes-années.

Nous reproduisons ici sa conclusion.

Cette étude écologique a permis d’observer un lien entre l’exposition des populations adultes aux rejets atmosphériques des UIOM ayant fonctionné entre 1972 à 1990 et l’incidence des cancers dans les années 90.

Elle a mis en évidence des relations statistiquement significatives entre l’exposition des populations aux rejets de l’incinération et le risque : 

 

  • de cancer du sein et de cancers toutes localisations chez la femme ; 
  • de lymphomes malins non hodgkiniens pour les deux sexes analysés ensemble et chez la femme ; 
  • de myélomes multiples chez l’homme.

 

Les résultats suggèrent également, pour les deux sexes confondus, un lien avec les cancers du foie, les sarcomes des tissus mous et les myélomes multiples.

L’étude apporte ainsi de nouveaux arguments sur les risques sanitaires en rapport avec une exposition environnementale, sur une longue durée, aux rejets de l’incinération des ordures ménagères. Ses résultats sont cohérents avec ceux d’autres travaux publiés dans la littérature scientifique.

La taille importante de la population incluse dans l’analyse, la qualité des données fournies par les registres et les procédures mises en oeuvre pour estimer de façon rétrospective l’exposition passée des populations contribuent à la qualité de cette étude.

L’exploitation des résultats obtenus comporte certaines limites, notamment en ce qui concerne leur transposition géographique et temporelle. L’étude portant sur une situation passée, ses résultats ne peuvent pas être transposés aux situations actuelles. Compte tenu des caractéristiques propres aux études écologiques, la causalité du lien observé entre l’exposition aux rejets d’un incinérateur et l’incidence de certains cancers ne peut pas être démontrée. Néanmoins, plusieurs arguments plaident en faveur d’une telle relation. La mise en oeuvre d’une étude étiologique, avec mesure de l’exposition et contrôle des facteurs de risque à l’échelon individuel, permettrait d’étayer la causalité des relations exposition-risques qui ont été observées.

Cette étude, en montrant un impact sanitaire des UIOM, confirme l’utilité des mesures de réduction des émissions de polluants qui ont été imposées à ces installations industrielles depuis la fin des années 90. On peut dès lors s’attendre à une diminution du risque de cancer chez les populations exposées aux niveaux actuels d’émission. Toutefois, en regard de l’incertitude sur les temps de latence d’apparition des cancers, on ne peut exclure que les expositions passées depuis les années 70 puissent encore aujourd’hui favoriser la survenue de cancers.

 

 

 

P. Fabre, C. Daniau, S. Goria, P. de Crouy-Chanel, P. Empereur-Bissonnet. Étude d’incidence des cancers à proximité des usines d’incinération d’ordures ménagères – Synthèse. Saint-Maurice (Fra) : Institut de veille sanitaire, 2008, 25 p. Disponible sur : www.invs.sante.fr  http://www.invs.sante.fr/publications/2008/rapport_uiom/synthese_uiom.pdf 

 

 

Un commentaire »

  1. En ce qui concerne l’incinérateur de la ville d’Amilly que j’ai bien entendu visité personnellement avec le responsable du site, le four est récent et l’incinérateur est conforme aux dernières normes européennes. Le système de traitement des fumées est très nettement supérieur aux normes. Les mesures effectuées en continu pour les rejets est correct ainsi que les mesures de dioxines faites 2 fois par mois.
    La combustion du four est contrôlée par des appareils de mesure et une surveillance humaine permanente y est effectuée car le maintient de la température du four est un facteur se sécurité majeur.
    Le reproche qu’on peut faire à l’incinérateur d’Amilly est que l’énergie de combustion n’est pas (actuellement) récupérée.
    Le site est entendu visitable sur rendez-vous.
    On peut déplorer enfin que l’usine par sa situation géographique défigure quelque peu l’entrée de la commune.
    Bien entendu les renseignements énoncés ci-dessus ne permettent pas d’affirmer qu’il n’y a pas à long terme aucun risque pour la santé. Ce qu’on peut dire c’est que les mesures prises sont supérieures à celles prévues par les textes nationaux et européens.
    Alain CORROYER
    Adjoint à l’Environnement pour la ville d’Amilly

    Commentaire par Alain CORROYER — 17 avril 2008 @ 10:56 | Répondre


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